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Relâchez vos rêves

TEN…KA…RABOTER !

Ne me demandez pas d’où m’est venue l’idée pour le moins farfelue de réaliser une canne à Tenkara en bambou refendu; sans doute mon attirance inconditionnelle pour les défis car la longueur d’une telle canne et la souplesse du bambou s’opposent ( à priori ) pour ce type de construction.

Le poids tout d’abord est un handicap. La masse volumique du bambou est importante et n’est pas vraiment en adéquation avec la légèreté des cannes à Tenkara en carbone de dernière génération (60 à 80 grammes pour des cannes de 3m60 et plus).

D’autre part, la souplesse du bambou a une fâcheuse tendance à transformer les cannes supérieures à 9 pieds en « nouilles », relativement déconcertantes d’utilisation.

Et pourtant, à force de recherches, j’ai fini par trouver sur un blog « empoussiéré » que ce type de canne avait déjà été réalisée par un américain. Il n’en fallait pas plus pour me décider. Voici les principales étapes de la fabrication, ainsi que ces particularités techniques.


Caractéristiques

La longueur retenue est de 3m20 ( 10,5 pieds ) , ce qui est la longueur minimale pour une canne à Tenkara.

Histoire de « pimenter » un peu l’aventure, le nombre de sections choisi est de 8, contrairement aux 3 brins de la canne dont je me suis inspirée. Ce choix a été fait pour des questions de facilité de transport et pour pouvoir loger la canne dans la poche arrière de mon gilet de pêche.

Cette longueur réduite des brins offre également l’avantage d’éviter tous les noeuds du bambous, distants sur un tronc d’environ 50 cm.

Le tableau du seul profil trouvé sur internet, modifié pour la prise en compte d’emmanchements spéciaux, est le suivant :


Taille et finition des brins

Une canne en 8 sections nécessite la bagatelle de … 48 baguettes.

Cela ferait un magnifique jeu de MIKADO.

 

L’alvéolage, indispensable pour une telle construction, aboutit à un gain de poids supérieur à 20 grammes.


Les emmanchements

Là aussi, la recherche de l’allègement, ainsi que la volonté de supprimer les multiples points durs que pourraient constituer les 7 emmanchements ont guidé mon choix. Le système imaginé combine le carbone (mâle) et le bambou (femelle ). Ceci a nécessité de modifier le profil au droit des emmanchements. Augmentation des côtes sur plat côté femelle, et diminution côté mâle.

Des bagues en maillechort de 0,2 mm d’épaisseur renforcent les zones les plus sollicitées.

Le dernier emmanchement (scion) est réalisé en maillechort en raison du diamètre très faible des brins.


La poignée

Pour cette partie de la canne, même combat : cure d’amaigrissement.

La rigidité de la poignée en liège est réalisée au moyen d’un tube en carbone mince haute résistance ( ø 11, épaisseur 0,8 mm ).

La forme de cette poignée en « double cigare », est un peu inédite. Elle autorise à la main porteuse le choix entre 2 positions en fonction de la distance à laquelle on souhaite pêcher; la position avancée étant moins fatigante que l’autre.


Le porte-ligne

Lorsque j’ai présenté mon projet sur le forum-gillum , l’un de ses membres m’a proposé avec une extrême gentillesse de confectionner cet accessoire réalisé en titane et gravé main.

J’ai bien entendu accepté et je tiens à le remercier chaleureusement car sa contribution a apporté une sacrée note de raffinement à ma canne ! Et pour ceux qui ne parlent pas couramment le japonais, il est inscrit « tenkara » sur l’un des deux supports.


Housse et étui

Pour chacune de mes cannes, je fais appel à ma chère Maman qui s’empresse de me réaliser une housse parfaitement adaptée à la situation.

Quand à l’étui, je l’ai confectionné en cuir afin de pouvoir le loger facilement dans la poche arrière du gilet de pêche. La résistance de la poignée en liège suffit à sécuriser l’ensemble.

       


L’action

Vous devez bien imaginer qu’il me tardait d’essayer de propulser une soie avec cette canne qui m’a demandé environ 3 mois de boulot, soit un temps estimé à près de 200 heures.

Les premiers essais ont été un peu décevants car j’avais tendance à vouloir reproduire un mouvement assez dynamique, similaire à celui d’une canne à mouche traditionnelle, ce qui occasionnait un « rebond » en fin de lancer et un retour de la soie.

Puis, je suis petit à petit « rentré » dans l’action de la canne avec des lancers très « souples » terminés par un petit coup de fouet.

Dans ces conditions, la canne a donné toute sa mesure et j’avoue avoir été bluffé de constater comment la mouche pouvait se poser à presque 9 mètres avec un mouvement minimaliste.


Vivement l’ouverture pour l’essayer sur mes très chères Nives du Pays Basque !!!


 

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