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Relâchez vos rêves

Joyaux d’Auvergne

Pêcheur à la mouche depuis une quinzaine d’années, je dois bien avouer qu’à l’exception des rivières basques et béarnaises, de la Dordogne et de la Touvre, je ne connaissais pas grand chose de l’immense richesse du réseau halieutique français. 

Cette année, à la faveur (ou plutôt défaveur) de l’état de santé très préoccupant de mes chères rivières basques, je me suis mis en quête de nouveaux horizons.

Deux « sorties » de 5 jours chacunes, l’une avec mon frangin et mon meilleur ami sur le plateau des mille vaches, et l’autre à l’occasion du congrès des chevaliers de l’archisèche à Goudet (Haute-Loire), m’ont permis de découvrir de véritables joyaux.

Beaucoup d’autres très belles rivières m’ont sans doute échappées mais j’ai tenu à témoigner de la grande beauté de celles qui se sont dévoilées à moi.

 


L’Alagnon

Entre la Chapelle d’Alagnon et Neussargues-Moissac

Cette rivière puissante a la particularité de s’écrire Alagnon dans sa partie amont et Allagnon sur son secteur aval. Elle ne coule que sur 85 kms mais traverse trois départements.

Je n’ai pu la pêcher que furtivement mais cela a suffi pour me donner un petit goût de « reviens-y ». Bien que la pêche y soit un peu physique, les accès restent aisés.

… aux environs de Celles ⬇︎

 


L’Allier

Dans sa partie haute, en Lozère et Haute Loire.

Cette rivière majestueuse de plus de 400 kms est l’un des principaux affluents de la Loire. Elle reste une des dernières rivières sauvages d’Europe et abrite une faune unique.

Sur les secteurs où j’ai eu grand plaisir à le pêcher (Langogne, Jonchères), le Haut Allier est d’une beauté Inouïe. Les grands lisses succèdent aux grands lisses à l’infini et chacun d’entre eux ressemble à l’oeuvre d’un impressionniste surdoué.

Un coup du soir au début du mois de juin, ponctué d’une belle éclosion de grandes éphémères, consiste en un spectacle inoubliable pendant lequel on peut facilement oublier de pêcher, hors du temps, enivré par le grand spectacle de la nature …

… en amont de Langogne ⬇︎

… à Jonchères ⬇︎


Le Chapeauroux

En Lozère et Haute Loire

Ce cours d’eau, d’une largeur moyenne de 6 à 8 mètres m’a très vite rappelé certaines rivières envoûtantes d’Irlande,  par la couleur brun-rouge de ses eaux teintées par les tourbières qu’elle traverse au fil de ses méandres.

Elle est l’une des rares rivières françaises à être peuplée par 3 espèces salmonicoles (truites, ombres et saumons). Elle abrite également la Margaritiféra-margaritiféra, une moule perlière d’eau douce dont l’espèce est protégée.

Pêcher le Chapeauroux au printemps, lorsque que ses berges sont constellées de fleurs sauvages aux multiples couleurs pastels est un doux ravissement.

… sur les hauts plateaux sauvages de Lozère ⬇︎


La Corrèze

En amont de Tulle

Enfant du plateau de Millevaches, et pourtant longue d’une centaine de kilomètres, elle ne coule que dans un seul département, qui porte son nom.

Bien que relativement faciles d’accès, la plupart des parcours sont encaissés et offrent un cadre bucolique sauvage et grandiose. Une journée de pêche sur cette rivière, où le grand spectacle de la nature n’en fini jamais, est un remède fulgurant contre le stress.

La pêche y est technique en raison de la complexité des courants sans cesse contrariés par d’imposants blocs rocheux. Des lisses délicatement baignés par les quelques rayons de soleils qui parviennent à traverser l’imposante voûte végétale offrent souvent au pêcheur de délicats gobages qu’il convient d’aborder avec la plus grande discrétion.

… près du village de … Corrèze ⬇︎


La Dadalouze

Les pêcheurs qui apprécient comme moi les petits cours d’eau « intimistes » seront comblés en parcourant les 12 km de ce petit bijou Correzien.

D’une largeur de 3 à 5 mètres, il recèle quantité de magnifiques petites truites farios qu’il est nécessaire de pêcher « sur la pointe des waders » avec un matériel le plus léger possible; une canne de 6 à 7 pieds équipée d’une soie N° 2 ou 3 est idéale.

Un vif remerciement aux membres de l’aappma des Monédières pour leur aménagement très réussi du parcours no-kill situé à St-Yrieix le Déjalat, tout au long duquel j’ai passé 4 heures exquises dans un cadre enchanteur.

… le no-kill, avant la confluence avec la Corrèze ⬇︎


L’Espezonnette

En Ardèche.

Cette amour de petite rivière, affluent de l’Allier, doit sa particularité à la présence de 11 coulées volcaniques sur les seuls 25 kms de son cours, d’une largeur moyenne de 5 à 8 m.

Elle coule dans une vallée au milieu de prairies et pinèdes avec des alternances de petits radiers et courants rapides.

La densité de petites farios à la robe délicatement bigarrée est tout simplement étourdissante.

L’Espezonnette est considérée comme l’une des dix plus belles rivières de France pour la pêche de la truite.

… à sa confluence avec l’Allier ⬇︎


La Loire

Dans sa partie haute, en Haute Loire.

A Goudet et dans ses environs, puisque c’est ici que j’ai pêché la Haute Loire, on a du mal à imaginer que les eaux qui y coulent alimentent le plus grand fleuve de France.

La diversité de cette rivière dans sa partie haute est surprenante par son alternance de gorges, de radiers parsemés d’énormes blocs rocheux et de secteurs redoutés par les meilleurs kayakistes.

Ce profil tourmenté confère à la Haute Loire un gros potentiel halieutique, sans parler de la beauté brutale de son environnement.

Hélas, le 14 juin dernier, quelques jours après notre congrès, le petit village de Goudet a été ravagé par une tempête d’une violence inouïe, accompagnée d’une brutale montée des eaux. Je souhaite aux habitants de ce lieu tellement attachant et aux personnes qui nous ont chaleureusement accueillis que le temps panse rapidement les blessures laissées pas ce dramatique évènement climatique.

… les gorges à Goudet, à ne jamais pêcher seul ⬇︎

… en aval de Goudet ⬇︎

… et le no-kill, dans ce même village ⬇︎


La Maulde

Rivière modeste mais fort abondante, elle alimente la plus grande retenue d’eau artificielle du Limousin, le lac de Vassivière.

Elle revendique également le statut de première rivière française à avoir électrifié une ville à distance (Bourganeuf en 1889).

Le secteur où je l’ai pêchée, aux environs de Peyriac-Le-Château est charmant mais assez déstabilisant. En effet, la Maulde présente ici des fonds sableux qui me rappellent certaines rivières Landaises. Les truites nombreuses et combatives ont une belle robe noire.

… à Peyrat-Le-Château ⬇︎


La Santoire

Cette petite rivière Cantalienne, d’une quarantaine de kilomètres seulement, présente une grande diversité de profils.

Tantôt paressant langoureusement en déroulant ses méandres dans les prairies de moyenne montagne ou roulant avec impétuosité au fond de gorges sauvages de près de 200 mètres de hauteur, l’équilibre de son environnement et de son biotope est malheureusement fortement menacé par des aménagements hydrauliques critiquables.

… en amont de Saint-Saturnin ⬇︎


La Vézère

Dans sa partie haute, sur le plateau de Millevaches.

La « vallée de l’homme », formée par la Vézère, est célèbre dans le monde entier en raison des sites préhistoriques exceptionnels qu’elle traverse (Cro-magnon, Lascaux, Les Eyzies, …).

En amont et aval de Treignac, son profil est sans cesse changeant, ce qui la rend passionnante à pêcher.

Un petit palmer tricolore, déposé délicatement le long des bordures, trouve souvent preneur mais les réflexes doivent être bien affutés sinon, le pêcheur « contemplatif »  sera immanquablement sanctionné par un ferrage dans le vide. Les habitantes de ces lieux, dotées d’une robe remarquables, sont vives et leur prise nécessite une vigilance de tous les instants.

… dans le charmant village de Treignac ⬇︎


La Vienne

Dans sa partie haute, entre Eymoutiers et Saint-Léonard-de-Noblat.

La haute Vienne est mon deuxième coup de coeur, avec le haut Allier.

Je suis très loin de bien la connaitre, mais dans le secteur où je l’ai pêchée, et sans aucune connotation péjorative, j’ai plaisir à la baptiser « la petite Dordogne » en raison de certaines similitudes avec « la belle ».

Outre la grande beauté de son environnement, cette rivière me semble être « taillée » pour la pêche à la mouche mais elle est loin d’être une fille facile et c’est bien ce qui lui donne à mes yeux un petit supplément d’âme.

On m’avait pourtant prévenu que beaucoup de pêcheurs se cassaient les dents sur ses ombres déroutants … mais je n’ai pas fait exception à la règle. Sur la Haute Vienne, il m’a bien semblé que « thymallus » était encore plus espiègle et sournois qu’ailleurs !

… entre Nedde et Rempnat ⬇︎

… le magnifique parcours de Saint-Léonard-de-Noblat ⬇︎


… et le petit ruisseau sans nom

Ce ruisseau, je l’ai rencontré sur ma route, en rentrant vers … la civilisation.

Il fait partie de cette multitude de petits cours d’eau qui rivalisent de beauté et qui donnent naissance à nos chères rivières au fil de leur dévalaison.

Il coule au sein d’un havre de paix dont le nom est à lui seul un enchantement : la Margeride, où la beauté à la fois sauvage et paisible de la nature atteint son paroxysme. Je n’ai pas le souvenir d’avoir déjà ressenti un  tel sentiment d’indicible quiétude dans une autre région de France, à part peut-être dans le pays Quint, au fin fond de la vallée de Banca (Aldudes), dans le pays basque.

Ce petit ruisseau, je lui ai tenu compagnie pendant de longues minutes, le temps nécessaire pour qu’il veuille bien me dévoiler avec une grande délicatesse toute la vie qu’il porte en lui et alentour : truitelles fuyant à mon approche, nuées d’insectes s’envolant à chacun de mes pas, mésanges m’offrant leurs enivrantes mélodies, autant de petits signes qui nous rappellent qu’un moment de bonheur ne tient finalement à pas grand chose et n’a aucunement besoin d’un quelconque artifice.

Et puis, je suis resté longtemps fasciné par cette eau limpide, si présente et fuyante à la fois, tel un troublant paradoxe. J’ai eu plaisir à songer que chacune de ces gouttes d’eau parcourra plusieurs centaines de kilomètres pour rejoindre tôt ou tard l’une des belles rivières dont je vous ai parlées ci-avant.

Cette eau est le symbole de la vie; vie éternelle peut-être mais vie de pêcheur sans nul doute.

… perdu au fin fond de la fascinante Margeride ⬇︎

    


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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